POLANSKI, JUIF, GÉNIE, BOUC ÉMISSAIRE

The Question of the artist's privilege -/- several schemes of legal immunities, excepting for artists -/- Flexible tolerances -/- Immutable Genius & Mankind -/- Scholars vs Geniuses : from physical castration to soft repression & return, the lessons of History -/- Toward an artistic consistory : the Otto Muehl case -/- Genius & Jewishness vs antisemitism : the swiss evidence -/- Conclusion : each & every artist is concerned.

Polanski Rausweis

POLANSKI, JUIF, GENIE, BOUC EMISSSAIRE

Les torrents populistes qui ont débordé après l'arrestation en Suisse de Roman Polanski obligent tout artiste à affronter une question d'énoncé simple, mais de portée redoutable : dans un monde globalisé où la revendication d'une justice égale pour tous enfle chaque jour, sur quoi fonder un hypothétique privilège de l'artiste en matière pénale ?
La question est d'autant plus importante que dans la polémique on n'a que trop entendu les meilleurs, comme les plus abjects, arguments des « justicialistes » pour qui Roman Polanski ne serait, au mieux qu'un repris de justice ordinaire, au pire qu'un violeur pédophile, tandis qu'à l'inverse, peu parmi les défenseurs de l'artiste, ont eu le loisir d'aller publiquement au bout de leur argumentation, tant l'atmosphère était envenimée.
Ainsi, quand le philosophe[French philosopher] Alain Finkielkraut pointe que Polanski a été arrêté, plus de trente ans après les faits dont on l'accuse, non pas en dépit, mais tout au contraire, en raison même de ce qu'il est un grand artiste, il a évidemment raison.
Cependant, quand il conclut que ce qui alimente la clameur est une haine des élites, il trébuche précisément au piège tendu par les populistes haineux, et le débat tourne court là où il devrait en réalité s'engager.

L'exception ordinaire
Commençons donc par un constat simple. Au sein des sociétés, les régimes d'immunité ont toujours existé. Divers codes ou instances de droit spécial y ont été prévus pour réguler de manière particulière l'activité de certains domaines particuliers : immunité diplomatique, immunité des chefs d'Etat, cours militaires, cours de justice, conseils ordinaux professionnels, consistoires religieux, instances sportives...
Considérons un instant certains métiers, comme le sport, les armes d'élites, la création artistique ou le trading financier, dont l'exercice à haut niveau exige des qualités qui excèdent les capacités humaines courantes.
Il est notoire que le simple talent, à lui seul, ne suffit pas toujours à expliquer certaines performances exceptionnelles. Que le recours aux drogues
 pour s'en tenir à ce seul cliché  n'est pas l'apanage exclusif des blues-men noirs et aveugles.
Mais, comme au quotidien les tribunaux ne semblent pas encombrés de tennismen, de footballeurs, de traders et de top-modèles au nez poudré, on peut en déduire que la tolérance sociale vis-à-vis de certaines tricheries ou comportements transgressifs épouse une géométrie très variable. Aussi variable, en fait, que celle des hypocrisies majoritaires.
Autrement dit, selon que vous serez beauf ou bobo [bourgeois-bohème], Français ou Allemand, Irlandais ou Américain, vous jugerez sans doute différemment Virenque ou Sagan, Michael Jackson ou Polanski, Thierry Henry ou Shumacher, Kerviel ou Madoff.

Ces tolérances sociales différenciées se reflètent donc en partie dans le système de régulation judiciaire : un militaire, suivant la nature et le contexte de l'infraction commise, comparaitra d'abord devant des cours spécialement composées, tout comme un sportif tricheur devant sa fédération, et il n'est pas jusqu'au trader escroc qui ne commencera par devoir rendre des comptes à une autorité des marchés financiers.
Qu'il y ait beaucoup à redire sur le fonctionnement de certaines instances judiciaires spéciales, on ne le contestera pas. Mais on constatera trois choses. Premièrement, ces instances existent et assument des rôles réels. Deuxièmement, chaque fois qu'elles ont été fortement contestées ces instances spéciales, loin de disparaître, ont fait mieux que subsister : elle se sont adaptées, ce qui tendrait à légitimer la forme particulière de leur nécessité. Troisièmement enfin, elles sont prévues dans de nombreux domaines mais pas dans les arts : il faut ici se demander pourquoi.
Si les champions cyclistes n'ont pas perdu les faveurs du public malgré les affaires répétées de dopage, ni les grandes vedettes populaires comme Mickael Jackson et Joe Star, ou, en son temps, Charlie Chaplin, malgré leurs démêlés avec la justice et certaines accusations parfois très graves dont ils ont pu faire l'objet, on peut en déduire que l'affaire Polanski ne trahit pas une simple haine contre les élites ni contre les artistes.
Ce qui est visé à travers Polanski, c'est un type de personnage très singulier : le génie. Aristote dans
Problématique XXX, les avait distingués parmi « ceux qui furent exceptionnels en philosophie, en politique, en poésie et dans les arts ».

Fossile vivant de la conscience humaine
Qu'est ce qu'un artiste de génie ? C'est un voyant. Entendons [the poet Arthur] Rimbaud : « Et j'ai vu quelques fois ce que l'homme a cru voir. »
Oui. Aussi loin qu'on remonte dans l'aventure humaine, le génie de l'artiste se confond avec l'origine même de notre conscience. Depuis Lascaux, sans doute bien avant, c'est lui, et lui seul, qui continuellement a inventé, révélé, façonné, exploré et étendu les limites de la sensibilité des hommes.
Ce privilège a conféré au génie une sorte de statut symbolique aussi étrange qu'exhorbitant : celui de fossile vivant de la conscience humaine.
Car de quels lieux inaccessibles parlent-ils ? de quelle autorité éternelle se prévalent-ils, ceux qui s'autorisent à dialoguer d'égal à égal avec Virgile – comme Dante ou [Victor] Hugo ; avec les peintres de Lascaux ou Vélasquez – comme Picasso ; à rectifier une partition de Mozart – comme Glen Gould ?
Considérée sous cet angle, on entrevoit alors que la vindicte contre le génie aurait moins à voir avec un processus de violence mimétique, qu'avec une obscure pulsion de meurtre contre le père.
Le génie, en effet, est indestructible temporellement, incontrôlable psychiquement, inaccessible cérébralement, inégalitaire socialement, inquiétant humainement et injuste métaphysiquement.
Pour toutes ces raisons, il paraît inacceptable à la société et Oscar Wilde, qui s'y connaissait, avait résumé la question d'un trait : « Le public est vraiment tolérant : il pardonne tout, sauf le génie. »
Mais le « public » de Wilde ne désignait pas la meute populacière de ceux qu'on appellerait
aujourd'hui les dominés-dominés. Ceux-là, bien que récemment relocalisés de leurs écrans de télé vers ceux d'internet, savent hélas trop bien à quelle distance réelle les relèguent leur condition exploitée, et c'est sans doute aussi pour cela qu'ils absolvent si résolument Lance Armstrong ou Mickael Jackson.
Ce public « vraiment tolérant » est donc une autre foule, plus restreinte, celle des dominés-dominants.

La revanche des dominés-dominants
Ceux-là, les dominés-dominants, en éternels premiers de la classe qu'ils n'ont jamais su qu'être, connaissent généralement bien la légende dorée des grandes rivalités artistiques – entre Mozart et Sallieri, Molière et Corneille, Picasso et Braque, Les Beattles et Les Beach Boys –, suffisamment au moins pour éprouver douloureusement chaque jour, et à leurs propres dépens, qu'à travail ou à mérite égal, le génie possédera toujours un avantage injuste – mais décisif – sur le plus méritant des tâcherons.
Le
mérite chez le petit-bourgeois, c'est la conscience malheureuse de n'avoir que ce qu'on...
Mais derrière ce problème se profile une autre question : les sociétés libérales petites-bourgeoises ont-elles encore la moindre nécessité de tolérer des génies en leur sein, quand des flics, des profs, des sociologues, et des entrepreneurs
méritants suffiraient pour superviser la machine ?
Comme il était à prévoir, le « méritologue » Yves Michaud n'y est pas allé par quatre chemins, en déclarant sur une radio de service public : « qu'on pourrait ouvrir un débat sur la castration chimique, y compris de Polanski. »
L'usage de l'expression « ouvrir un débat » n'était évidemment qu'une simple précaution de style car l'idée démente qu'un génie puisse mériter d'être castré n'est hélas pas nouvelle.
Ainsi Abélard, autour de l'an 1118 comptait-il parmi les philosophes et les théologiens les plus éminents de son époque. La chose cependant n'impressionna guère l'oncle d'Héloïse, qui – ne se nommant pourtant point Michaud – envoya nonobstant ses hommes de mains castrer Abélard qui avait selon lui eu le tort de suborner sa nièce âgée de 15 ans...

Il y a peu, on utilisait encore le bel oxymore de
Monstre Sacré. L'expression désignait un très grand artiste dont les travers, plus ou moins connus publiquement, étaient tolérés voire considérés comme faisant partie intégrante et presque nécessaire de sa substance d'être différent.
Mais depuis quelques temps tout se passe comme si l'ancienne Crainte Révérencieuse du Monstre Sacré devait le céder à une traque sociale sans merci de la déviance, fût-ce à coup de soft-répression comme les « réhabs » ou les recondionnements hormonaux. L'issue d'un tel processus est pourtant prévisible.
En éradiquant leurs Monstres Sacrés, au lieu de les com‑prendre, nos sociétés parviendront sans doute facilement à abolir un Sacré dont elles n'ont plus que faire, mais elles ne parviendront certainement pas à anéantir les monstres.
Au contraire, et comme le pressentait déjà Alban Berg dans
Woyzzeck et Lulu, il n'en résultera qu'un face à face toujours plus violent entre de nouveaux monstres de plus en plus purs et de vieilles sociétés de plus en plus dures.

Lièvres acrobatiques
De tous temps les sociétés ont été confrontées au dilemme : sans art (c'est-à-dire sans artistes, sans poètes, sans génies) point de civilisation, mais sans ordre point de société.
Le problème étant que les artistes et les génies sont littéralement et comme par nécessité des fauteurs de
trouble.
Nos sociétés ressemblent par conséquent à ces lièvres acrobatiques des sculptures de Barry Flanaggan, en quête perpétuelle d'un équilibre improbable entre un ordre nécessaire sur lequel elles soclent leur perpétuation et le risque des contorsions hyperboliques auxquelles elles se savent inéluctablement condamnées pour poursuivre leur évolution.
Sur ces questions, nous ne manquons pourtant pas de recul historique.
Aristote, déjà cité, dressa un parallèle célèbre entre les manifestations excessives de la mélancolie, de l'ivresse et du génie.
Quant à la réprobation populaire de la prédation sexuelle des filles, c'est un fait anthropologique d'autant moins contestable qu'il constitue l'argument de départ du plus vieux texte connu de l'histoire humaine :
l'Epopée de Gilgamesh.

Mais justement, ayons soin de comparer des récits : le massacre des hommes de Sichem par représailles au viol de Léa, la fille de Jacob dans
La Genèse, et l'invention sublime par un poète akkadien d'un héros, Enkidu, qui seul parviendra à détourner le roi de ses entreprises prédatrices dans l'Epopée de Gilgamesh. Ou bien comparons la mutilation infligée à Abélard par l'oncle d'Héloïse avec les cent-seize lettres impérissables que s'écriront ensuite les deux époux séparés.
On comprend alors quelles étendues peuvent séparer deux réponses à un même problème. Ces étendues sont celles qui, précisément, séparent le génie créateur de la barbarie.

Notes pour le consistoire artistique
Polanski s'est-il rendu coupable de crimes sordides comme Jésualdo, Gilles de Rais, Fourniret ou Dutroux ? Non.
Pour autant la société devrait-elle attendre qu'un artiste ait commis plusieurs crimes graves avant de réagir sous prétexte qu'il serait un génie ? Non plus.
S'ensuit-il que Roman Polanski doive-t-être traité dans cette affaire comme un justiciable ordinaire ? Trois fois non.
A cela au moins une raison : l'abus sexuel dont il est accusé était étroitement lié au contexte dans lequel il avait été amené à exercer, à ce moment précis, son travail d'artiste.
Une fois qu'on a dit ça, comment procéder face à ce genre d'affaire ?
Le cas de l'artiste autrichien Otto Muehl, qui fut condamné à sept années de prison, pourrait nous fournir des pistes de réflexion quand au processus préalable qui a précédé son jugement.
Dans un entretien récent donné à la revue
Particules, l'artiste Théo Altenberg explique en effet que « ce sont des membres de [leur propre] communauté artistique AA (que Muehl avait mise en coupe réglée durant trois ans) qui ont engagé des poursuites. [...] en 1990, notre assemblée générale l'a blackboulé. Un an après il était arrêté puis condamné pour avoir eu des relations sexuelles avec des mineures qui vivaient avec nous ».
Puis, expliquant avoir « fait ensuite la paix » avec Muehl, Altenberg conclut : « Toutes ces contradictions qui sont celles d'un siècle sont contenues, incarnées, rendues visibles par lui. Comme homme, il a échoué. Comme [peintre] actionniste et visionnaire, il a posé des jalons très importants. »
Soyons très clairs : le "cas" avéré d'Otto Muehl ne peut absolument pas êre comparé avec "l'affaire" Polanski presque entièrement montée de toutes pièces. Mais le cas d'Otto Muehl peut aussi nous aider à comprendre comment fonctionne
et parfois dysfonctionne le processus artistique.
La raison sociale d'un artiste est de produire des
formes symboliques en utilisant certains moyens comme l'écriture, la peinture, la musique, la voix, le film, ou simplement le corps la liste n'est pas exhaustive et l'essentiel n'est pas là. L'essentiel, ce sont les ressources émotionnelles et mentales que l'artiste parvient ou non à mobiliser pour aboutir à la création d'une forme symbolique spécifique qui méritera le nom d'oeuvre d'art.
Bien sûr, il n'y a pas que la création artistique qui soit structurée par ce type de tripartition entre buts moyens et ressources : la guerre aussi. Son but est la production de la victoire, ses moyens sont la force. Cependant, l'usage efficace des moyens de la force implique qu'un combattant soit à tout moment capable de mobiliser des ressources émotionnelles tout à fait spécifiques telles que courage, obéissance, détermination, capacité d'affronter la peur, la souffrance, la mort.
Il existe pourtant une différence essentielle entre l'art de la guerre et l'art d'être grand-peintre : la guerre n'est pas toujours une nécessité, mais elle vise toujours un but. L'art est une nécessité humaine qui n'en vise aucun.
Ceci explique qu'il soit relativement facile de codifier précisément des règles d'engagement de la force et les infractions éventuelles à ces règles. Mais comment codifier une pratique qui n'a pas d'autre but que de s'inventer elle-même et dont la qualité dépend essentiellement d'une ressource aussi versatile que les émotions ?
Si donc l'artiste n'a pas tous les droits, on ne saurait, à l'inverse, récuser la nécessité d'une procédure préalable de considération particulière dans l'éventualité où son comportement social déréglé appelerait examen.

Un bon Juif est un Génie mort
Wilde, Rimbaud, furent de fameux débauchés pédérastes. [the Marquis de] Sade, embastillé après l'affaire de Marseille, pour déjà ! tentative d'empoissonnement et sodomie, séjournera trente ans en prison... pour ses idées.
Mais ces astres obscurs de la pensée humaine eurent, si l'on ose dire, l'élégance morale de connaître des fins exemplairement misérables. Chez Polanski, dont l'absence de perversité a du reste été établie, rien de tel.
Son inélégance ? Avoir survécu à tout. Une fois comme juif du ghetto voué à la cendre d'Auschwitz, deux fois comme jeune cinéaste juif promis aux persécutions communistes, trois fois comme réchappé de l'effroyable affaire Manson.
Polanski non seulement a survécu à tout cela, mais le génie visionnaire tourmenté de
Rosemary's Baby et du Locataire a réussi par la suite sa mue en grand cinéaste académique mondialement célébré. Enfin, parvenu à un âge avancé, il vivait paisiblement entouré d'une épouse et d'enfants splendides. Impardonnable !
Impardonnable Polanski ! Impardonnable Génie ! Et impardonnable Juif !
Car c'est ici la même chose.
Non parce que tout juif serait nécessairement un génie mais parce que la figure du Juif et celle du Génie partagent plus d'un trait en commun, qui dans le cas particulier de Polanski se confondent.
Le Juif et le Génie sont des humains ordinaires, mais des êtres différents, qui par choix ou par fatalité métaphysique ont inventé de toutes pièces imaginables et compliquées, des manières d'être au monde radicalement différentes. Des visions, des pratiques, des observances totalement singulières, qu'envers et contre tout ils se sont voués
parfois jusqu'à l'absurde à pratiquer, perpétuer, interroger, réinterpréter et transmettre à travers le temps, les âges, l'espace. Et ces visions, maintes fois, ont été à la source de grandes transformations du monde.
Ne me fourvoierais-je pas, soudainement, dans un accès de dépression lyrique ?
Révisons brièvement quelques classiques du préjugé antisémite : les juifs sont liés à l'argent. D'une race à part, ils se soutiennent les uns les autres, ils corrompent (ou sacrifient) les enfants, ne voient pas le monde comme les autres, ne collaborent qu'entre eux. Ils sont profiteurs et parasitaires, arrogants et dominateurs, complotent à l'affaiblissement des valeurs communes dans le but de contrôler le monde, c'est une minorité agissante qui a ses relais partout.
Remplaçons maintenant juif par artiste, ou génie, et on s'aperçoit que les litanies coïncident assez bien...

Le cas Rushdie l'avait montré, l'affaire Polanski nous le confirme : la persécution du génie est un signe pathologique précurseur de régression dans une société. Ensuite, de là à pire, n'y a qu'un pas.
Comment ne pas voir dans le piège sournois qui a été tendu à Polanski pour s'emparer de lui un retour abject du refoulé antisémite ?
Et dans l'ignominie de son incarcération, quand l'assignation à résidence eût suffit ?
Et dans la caution astronomique qu'on a profité de lui soutirer, en cash ?
Et ce bracelet, sorte d'étoile jaune
hélvètronique d'un nouveau genre qu'il doit porter, à 76 ans ?
Et dans la perspective, enfin, d'une déportation judiciaire, puis de la requête en grâce qu'il lui faudra sans doute soumettre à Arnold Schwartzenneger... le fils d'un ancien nazi ?
C'est le réflexe régressif typique d'un petit pays alpin en crise identitaire de genre [old tiny European Alpine country in gender crisis], et qui, mal à l'aise avec son passé et troublé par l'avenir ne sachant pas si demain il sera mâle ou femelle, s'est emparé d'un bouc émissaire pour soulager un spasme.
Je le disais en commençant, cette affaire concerne tous les artistes. Songeons que Polanski n'est pas suisse, pas plus que Salman Rushdie n'était iranien.
Je suis athée, parfaitement laïc, et jamais depuis que je suis artiste je n'ai eu l'illusion personnelle de me croire un génie Pourtant, depuis quelques temps, je me sens moi aussi comme un Juif persécuté.

Olivier Blanckart
Sculpteur

Olivier blanckart, contemporary art, scotchtape sculpture,