FRANCESCA SENT BON

L’éviction de Francesca Isidori de l’antenne de France-Culture en été 2011 avait à juste titre soulevé beaucoup d’émoi dans les milieux intellectuels et artistiques européens. J’ai pour ma modeste part, envoyé les quelques lignes qui suivent à Olivier Poivre-d’Arvor. Même si ma lettre était très courtoise, OPA avait été vexé. Il s’était senti attaqué, parfois très violemment il est vrai, par certains défenseurs de Francesca Isidori. Il a mis, je crois, tout le monde dans le même sac. Du coup il n’a pas manqué de me faire sentir explicitement sa rancune lorsque, quelques mois plus tard, j’ai été candidat à la direction de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris …
Cher Olivier Poivre d’Arvor,

Je sais bien qu'une radio doit se renouveller régulièrement pour survivre.
Mais je sais aussi que quand certains ingrédients sont modifiés ou supprimés dans un parfum, celui-ci à beau
garder son nom, sa fragrance n'est jamais plus la même...
Francesca, sur les ondes, tout comme dans l'air qui l'environne, Francesca Isidori sent bon. Elle sent l'élégance, la profonde culture, la distinction, le respect et l'admiration. Surtout, elle sent
l'écoute, et l'écoute est la force de la transmission.

Certes, la
Francesca voice est discrète, surtout comparée aux trompettes plus renommées de tels cocus tonitruants des tranches matinales. Et justement, Francesca est le contraire même d'une journaliste qui se poserait en penseuse. Est-ce un tort ?
Vous voulez apporter des changements à l'antenne ? Virez donc à votre aise quelques vieux bibelots —car en effet il en reste— mais de grâce, de grâce, ne liquidez pas les précieux bijoux de famille. S'il vous plait.
Ce serait de votre part pire qu'une faute de discernement, une faute de goût.

Respectueusement,

Olivier Blanckart
Olivier blanckart, contemporary art, scotchtape sculpture,